Le calcio dans la vraie vie

Le Calcio existe vraiment! Il y a une fabuleuse reconstitution annuelle à Florence, en costume historique et tout le tralala. L’idée de garder le même nom est de permettre aux joueurs curieux d’aller visionner de vrais matchs et d’en apprendre plus sur le sujet par eux-mêmes. Il peut être difficile de se faire une idée concrète d’un sport en lisant simplement le livret de règles, mais comme il est possible de visionner des matchs complets et décorums sur des appareils technologiques hautement non-décorum… pourquoi s’en priver?!

Mais avant de regarder un match, nous vous conseillons ce vidéo qui explique très bien les règles et le déroulement du jeu.

Le calcio florentin (appelé calcio in costume, calcio in livrea ou calcio storico fiorentino en italien) est un sport collectif florentin de la Renaissance. Disparu au cours du XVIIIe siècle, il fut relancé à Florence dans les années 1930. Une compétition opposant quatre quartiers de la ville se déroule désormais chaque année à la mi-juin sur la piazza Santa Croce. Inspiré de jeux de balle ancien et de lutte romaine, le calcio florentin voit s’affronter deux équipes de 27 joueurs qui cherchent à marquer le plus de buts. La quasi-absence de règles fait qu’il est souvent considéré comme le jeu collectif le plus violent au monde.

Les sports utilisant des ballons sphériques de taille variable sont très anciens, remontant aux civilisations antiques de la péninsule italienne avant l’Empire romain. En Grèce antique, ils auraient aussi joué à un jeu appelé sferomachia ; on sait que les légionnaires de l’Empire romain jouèrent au harpastum (« déchirer avec force »). L’harpastum était joué sur des terrains sablonneux avec deux équipes en nombre égal de joueurs et il devait se tenir selon des règles très précises. Dû au caractère agressif et « viril » du jeu, fait de luttes serrées pour la possession du ballon, l’harpastum devint un jeu très aimé des légionnaires, qui le répandirent à tous les coins de l’Empire, dont à Florence, où il se développera davantage et où il est encore pratiqué de nos jours.

Du côté de la France et l’Angleterre, un autre sport de ballon faisait la joie du peuple : la soule (première mention datant de 1140). On y jouait entre villes et villages voisins, sans limiter le nombre de joueurs dans chaque équipe, qui s’affrontaient alors au sein d’une masse compacte, luttant pour transporter une balle faite à partir d’une vessie de porc jusqu’aux balises situées à chaque extrémité de la ville, et ce par tous les moyens possibles et imaginables. D’après les dires de cette époque, on pouvait en fait utiliser tous les moyens possibles pour parvenir à ses fins, les seules limites étant de ne pas tuer volontairement ou non. Parfois, il n’y avait pas de balises et les équipes devaient tenter d’envoyer la vessie sur le balcon de l’église du village adverse.

Ce n’est qu’au début du Moyen Âge que le calcio fiorentino s’est vraiment répandu dans toute la jeunesse florentine, qui le pratiqua à tous les coins de rue de leur ville. Avec le temps, et surtout pour des raisons d’ordre public, le jeu devint plus organisé. En 1580, Giovanni Bardi en a rédigé

le règlement. On commença à y jouer dans les places les plus importantes de la ville. Les joueurs (giocatori ou calcianti) étaient pour la plupart des nobles, dont des futurs papes, âgés de dix-huit à quarante-cinq ans des quartiers de Santo Spirito, Santa Croce, Santa Maria Novella et San Giovanni. Ils portaient des livrées fastueuses, qui sont à l’origine des noms utilisés en italien, calcio in livrea et calcio in costume. Ils s’affrontaient dans des matches de cinquante ou soixante minutes devant une foule bruyante et dans une ambiance musicale, le jeu étant une tradition surtout carnavalesque. Les matches se finissaient généralement par une bagarre générale.

La popularité du jeu se maintient pendant tout le xvie siècle, mais le siècle suivant sera marqué par un déclin de l’attrait pour le calcio fiorentino. Le dernier match dont on a connaissance se joua en janvier 1739 sur la piazza Santa Croce. Il fallut attendre deux siècles avant que le jeu ne redevienne populaire à Florence.

S’il est vrai qu’il n’y a pas eu de match de calcio florentin pendant deux siècles, le jeu resta dans la mémoire collective des habitants de la ville.

C’est depuis ces dernières années qu’on y rejoue, quoique loin des grandes places et sans le faste médiéval, forgeant ainsi l’esprit moderne du calcio ancien (lo spirito moderno del calcio antico).

Le premier match organisé du xxe siècle se déroula en mai 1930 pour les 400 ans du siège de Florence, sur l’initiative d’Alessandro Pavolini, personnalité fasciste de la ville. Pendant cette décennie, des matches se jouèrent entre les équipes des quatre quartiers historiques de Florence (it) : les Bianchi (« les blancs ») de Santo Spirito, les Azzurri (« les bleus ») de Santa Croce, les Rossi (« les rouges ») de Santa Maria Novella, et les Verdi (« les verts ») de San Giovanni. Le sport est depuis de plus en plus populaire dans cette ville.

De nos jours, il existe un grand tournoi annuel, le Torneo dei Quattro Quartieri (Tournoi des quatre quartiers), composé de trois grands matches (deux éliminatoires et la finale) se déroulant à partir du 14 juin, la finale se disputant lors de la fête du saint patron de la ville. S’affrontent 54 joueurs en costume médiéval sur la piazza Santa Croce, au centre de la ville, recouverte de sable, devant quelque 6 000 spectateurs payants.

Les joueurs de Calcio Florentin sont pour la plupart des supporteurs de l’équipe de football de Florence et se retrouvent aux matchs de celle-ci. Ces moments de « paix », de même que le fait que ce sport demeure amateur car personne n’est payé, aident grandement à modérer le Calcio. Il est souvent décrit comme le sport le plus violent du monde, mais il suffit de voir un match en entier pour constater que les bagarres au hockey sont plus agressives que ce qu’on retrouve au Calcio.

Page officielle du Calcio Storico (en italien seulement)

Petit vidéo documentaire sur le sport

Le match de la finale 2018

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